Nouveaux élus, nouveaux horizons ! Celle qui a opté aux dernières élections municipales et communautaires pour un basculement politique inédit depuis des décennies se cherche un nouveau souffle. Besançon et Grand Besançon Métropole, sa Communauté urbaine de 200 000 habitants, espèrent désormais faire un retour sur le devant de la scène des grandes villes françaises Entretien avec Ludovic Fagaut, maire de Besançon, président de la Communauté urbaine Grand Besançon Métropole.
- Quelles considérations ont-elles conduit selon vous les électeurs à ce basculement politique ?
Je possède depuis trente ans un fort ancrage local. Ma connaissance des dossiers en tant qu’élu de l’exécutif départemental et de l’opposition municipale ont légitimé ma fonction de Président-Maire.
Face à mon adversaire, ma candidature avait sûrement le don de rassembler de la sociale démocratie à la droite républicaine. Elle est venue à la rencontre d’une volonté de rupture de la part des Bisontins.
- Dans quelle mesure une présidence de la communauté urbaine exercée par le maire de la ville centre s’est-elle imposée ? Comment entendez-vous animer le dialogue entre pas moins de 67 communes, la plupart rurales ou de petites bourgades ?
Grand Besançon Métropole s’est dotée d’une charte de gouvernance unique en France. Elle introduit un contrat entre ville centre et ses 66 homologues. Le maire de Besançon exerce la présidence. En retour, chacun des Vice-Présidents possède une autonomie accrue par rapport aux autres intercos.
Et même si chacune des communes ne peut être représentée au bureau communautaire, il s’agit de faire en sorte qu’elle soit respectée et entendue. Et faire en sorte que Grand Besançon Métropole ne se traduise pas par un accaparement d’une agglomération par sa ville centre.
J’entends à ce sujet revoir l’état d’esprit par rapport la précédente mandature.
Une charte de gouvernance unique en France.
- Quels sont les grands projets communautaires que vous entendez porter en tant que président en ce début de mandat ?
Les domaines où la Ville et la communauté urbaine entend changer les choses sont nombreux : sécurité, circulation, attractivité économique et commerciale, propreté, proximité.
Et j’entends rendre directement opérationnels chacun de ces grands dossiers.
Des études ont été lancées également dans de nombreux domaines.
En matière d’infrastructures culturelles et sportives par exemple.
Ainsi le Kursaal. Le complexe accueille depuis des décennies spectacles, cinéma, conférences, expositions, réunions. En courant de mandat, il sera doté d’un tout nouvel auditorium.
Le Palais des Sports sera l’objet d’une rénovation complète. Cela représente une étape nécessaire pour avoir un outil opérationnel destiné au sport de haut niveau dont Besançon ne dispose pas à l’heure actuelle.
En matière de sécurité et tranquillité publiques ensuite. 22 policiers municipaux seront recrutés. Et la police municipale sera désormais armée et les patrouilles renforcées. Face à une hausse de l’insécurité et au phénomène des narcotraficants inédits dans une ville comme Besançon, on ne négociera pas avec les délinquants.
Mobilité enfin. Grand Besançon Métropole ambitionne la création d’un 4ème terminus de tramway. Là aussi, la question de la sécurité doit entrer en scène dans les transports.
- Quelles sont vos ambitions pour contribuer à votre attractivité ?
Attractivité touristique ? J’ai rallumé la fameuse Citadelle de Besançon ! Cette remise en éclairage va concourir à valoriser cet élément essentiel du patrimoine local, une véritable tour Eiffel pour les Bisontins.
Et en matière de développement économique, je compte bien devenir l’ambassadeur de tout un territoire.
Besançon est traditionnellement une ville de garnisons et de tradition militaire. Et elle compte bien confirmer dans l’avenir cette vocation ! Je me rends en juin prochain au Salon international de l’Industrie de la Défense.
Autre tradition, autre rendez-vous : le Forum de l’Industrie horlogère. Il s’agit à proprement parler d’y « vendre » le territoire.
Sa célèbre boucle du Doubs, son fameux musée des Beaux Arts, le premier en France depuis 1694, sa situation optimale sur l’axe Rhin-Rhône où nous comptons bien renforcer les points d’arrêt du TGV : Besançon possède de nombreux atouts d’attractivité. A nous de les exploiter au mieux !
J’ai rallumé la Citadelle de Besançon !
- Un mot pour conclure sur vos ambitions pour Besançon ?
Notre capitale franc-comtoise entend bien conjuguer un rôle renforcé de métropole régionale aux atouts d’une ville à taille humaine.
Il s’agit de faire en sorte que quand on y vient on ait envie d’y rester … et que quand on la quitte on ait envie d’y revenir.
En un mot, notre ville doit retrouver sa place parmi les métropoles qui comptent ! Il s’agit de replacer Besançon sur la carte de France …