Etouffée par sa situation budgétaire, Aix-Marseille-Provence (AMP) a basculé sous le contrôle direct de l’État depuis mai 2026.Un mois plus tard, la Chambre régionale des comptes (CRC) publie ses préconisations pour réduire le déficit.
La décision est tombée suite au conseil métropolitain du 28 avril, lors duquel les élus ont refusé de voter le budget 2026 sur fond de tensions financières croissantes, peut-on lire sur le site d’Euronews. En effet, deux années auraient suffit pour que la baisse croissante des dotations d’Etat vienne amputer les finances métropolitaines de 123 millions d’euros. C’est en ce sens que l’exécutif assurait ne plus être en mesure de présenter un budget « sincère et équilibré », comme le stipule la loi.
Résultat : une mise sous tutelle « partielle » (d’après le vice-président aux Finances, David Ytier), au sein de laquelle c’est désormais la Chambre régionale des comptes qui a la main sur le destin des 92 communes membres de la métropole. L’intercommunalité a dû élaborer une proposition budgétaire transmise au préfet de région, tout en restant impliquée dans la gestion du quotidien comme du processus décisionnel.
Le verdict vient de tomber : « vous avez 144 millions à combler », résume Xavier Lefort, président de la CRC de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Un chiffre bien supérieur à celui que les élus avaient envisagé (123 millions). Et c’est précisément la DSC – la dotation de solidarité compensatoire – que la CRC semble juger trop élevée dans le cas de la métropole marseillaise. Elle préconise notamment un versement de 13 millions contre les 66 initialement prévus par le budget métropolitain.
Aix-Marseille-Provence devra également se soumettre à des économies drastiques en matière de recrutement notamment, tout en diminuant les dépenses relatives à des activités non obligatoires comme les voyages ou les conférences. Ce qui équivaudrait à près de 42 millions d’euros d’économies d’après la Chambre régionales des comptes, qui refuse en revanche de préconiser toute hausse des impôts. Elle invite néanmoins à réévaluer les situations de gratuité tout en luttant massivement contre la fraude dans les transports.
Le dossier est désormais dans les mains du préfet de région, qui a vingt jours pour donner ses directives sur le budget.
Pas une exception en Europe
Aussi surprenante soit-elle, la situation d’AMP est pourtant loin d’être inédite à l’échelle du continent. La ville de Birmingham a déjà connu une mauvaise passe similaire au Royaume-Uni, au même titre que Kaiserslautern en Allemagne et Catane du côté italien. Parmi les causes communes, on retrouve bien souvent l’après Covid-19 avec une explosion des aides sociales, l’inflation des prix de l’énergie ou encore la hausse des taux d’intérêt.
Rappelons enfin que Marseille est dans son histoire une habituée des faits. De 1939 à 1944, la Ville avait été administrée par l’Etat. Cela faisait suite à l’incendie tragique des Nouvelles Galeries sur la Canebière survenu 28 octobre 1938.