La participation a encore baissé par rapport à 2014, année de référence puisque 2020 correspond à la date très particulière de l’épidémie de COVID-19, où moins d’un Français sur deux s’était déplacé jusqu’aux urnes (44,7%).
Ce chiffre risque d’être suivi de très près par « les élus préférés des Français ». Et pour cause : le taux de participation revêt une importance cruciale à l’échelle des communes, où le scrutin se joue bien souvent à quelques dizaines de voix, au sein des petites comme des grandes agglomérations.
Cette année encore, la participation recule, même si elle demeure supérieure de 12,9 points à celle de 2020, qui avait eu lieu la veille du premier confinement. Tensions internationales, pouvoir d’achat en berne et manque de perspectives d’avenir concrètes, sont autant de facteurs qui semblent détourner l’intérêt des Français pour la politique. Sans oublier l’étiolement du lien de confiance qui les unissait autrefois à leurs élus, jugés désormais déconnectés des réalités quotidiennes.
Parmi les têtes d’affiche du premier tour, la palme revient à David Lisnard (LR) à Cannes avec plus de 81% des suffrages exprimés en sa faveur. De même pour Edouard Philippe (Horizons) au Havre : l’ancien premier ministre et maire de la ville y devance de dix points son rival Jean-Paul Lecoq (GDR). Surprise à Lyon, où l’ancien président de l’OL Jean-Michel Aulas doit désormais se préparer « au match retour » contre le maire écologiste sortant Grégory Doucet, alors qu’il était pressenti pour arriver en tête ce dimanche 15 mars. A Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire devance largement la candidate de droite Rachida Dati, qui compte désormais sur une alliance avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons) pour peser dans la balance dimanche prochain. Le secrétaire général du PS a quant à lui confirmé que Grégoire ne s’unirait pas avec l’insoumise Sophia Chikirou. Du côté de Marseille, le maire sortant Benoît Payan (DVG), et le candidat RN, Franck Allisio, dominent largement le premier tour. Refusant toute « tambouille » ou alliance avec LFI, Benoit Payan a appelé les habitants à se rassembler « autour du Printemps marseillais » car « le RN est aux portes du pouvoir ».
Le RN tout comme LFI renforcent donc leurs positions après avoir même réalisé quelques percées. Notamment Eric Ciotti à Nice, qui devance largement le maire sortant Christian Estrosi (LR). Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon s’est lui aussi hissé dans plusieurs grandes villes en position de choix face au PS, remettant en cause la stratégie adoptée jusqu’ici par le parti à la rose. Les insoumis ont notamment décroché Saint-Denis (93) dès le premier tour. Et ils laissent espérer une victoire de la gauche à Toulouse avec une fusion des deux listes face à Jean-Luc Moudenc (divers droite).