Une Alsace sans Grand Est : voilà un sujet qui risque fort de créer des remous chez les parlementaires du Palais Bourbon. Cette proposition de loi défendue par Gabriel Attal permettrait en effet à la Collectivité européenne d’Alsace d’obtenir un statut particulier, tout en se séparant des ex-régions Lorraine et Champagne-Ardenne.
Dix ans après sa création sous François Hollande, le découpage des grandes régions se voit à nouveau remis en question. Suite à la fusion des Bas et Haut-Rhin en une Collectivité européenne il y a cinq ans, l’Alsace pourrait bien franchir un nouveau cap pour devenir une région à part entière. C’est tout l’objet d’une proposition de loi débattue ce mardi 7 avril à l’Assemblée nationale.
L’idée ne fait pas que des émules. En témoigne une tribune publiée le 5 avril dans La Tribune dimanche, signée par les présidents de dix régions*, selon laquelle le texte participerait à « une offensive contre nos Régions, comme si elles étaient le problème. » Avant d’ajouter : « A une époque où le vivre-ensemble national se délite et se trouve même en danger, il faut recoudre plutôt que déchirer, rassembler plutôt que dépecer, fédérer plutôt que diviser ».
A l’origine de cette proposition, la députée haut-rhinoise Brigitte Klinkert défend au contraire une loi de simplification. Face aux inquiétudes des signataires relatives aux idées que le texte aurait en commun avec l’extrême droite, l’élue rétorque : « 97 députés ont déposé cette proposition de loi issue de six groupes différents. » Les discussions promettent d’être animées.
- Signataires : Carole Delga (Occitanie), Renaud Muselier (Provence-Alpes-Côte d’Azur), Franck Leroy (Grand Est), François Bonneau (Centre-Val de Loire), Christelle Morançais (Pays de la Loire), Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine), Jérôme Durain (Bourgogne-Franche-Comté), Valérie Pécresse (Ile-de-France), Xavier Bertrand (Hauts-de-France) et Fabrice Pannekoucke (Auvergne-Rhône-Alpes).