Les débordements du 17 octobre n’auront pas marqué uniquement la société civile. Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation a été annoncée samedi 24 octobre, la haute fonction publique se prépare elle aussi à éviter les écueils du week-end précédent. Quitte à interdire « toute manifestation », comme c’est le cas à Lyon.
« “C’est les ténèbres” qu’ils disaient… En effet, nous y sommes » a commenté le Préfet de la Seine-Saint-Denis, Julien Charles, en référence au slogan « Bismillah » devenu viral sur les réseaux sociaux. Son post était illustré d’une photographie de la statue de Marianne renversée sur le sol de la mairie de Marseille. De quoi illustrer l’étendue des dégâts causés par les débordements de la mobilisation de samedi dernier.
Sollicités par le chef de l’Etat pour contenir de nouvelles violences, les préfets s’organisent. La préfecture du Rhône a par exemple annoncé dans un communiqué de presse avoir interdit toute manifestation à Lyon ce samedi 24 octobre. Un couvre-feu a par ailleurs été instauré dans l’hypercentre de la ville, de 21 heures à 6 heures du matin chaque soir depuis la précédente mobilisation.
Quels sont les champs d’action du préfet ?
Selon le site de Legifrance, « Le préfet est dépositaire de l’autorité de l’Etat et garant de la cohérence de son action à l’échelle du territoire dont il a la charge. Il représente le Premier ministre et chacun des ministres. » L’article 11 estime qu’il « est responsable, dans les conditions fixées par les lois et règlements relatifs à l’organisation de la défense et de la sécurité nationale. » Il peut donc ne pas autoriser une manifestation voire l’interdire, sécuriser un évènement ou encore déployer les forces de l’ordre.
François-Xavier Lauch, le préfet du Pas-de-Calais, a rappelé pour sa part que sa « responsabilité est de faire en sorte que les violences ne se reproduisent pas ». Il tient à préciser que : « Manifester et exprimer son opinion est une liberté fondamentale, à condition de respecter les règles. J’incite toutes les personnes qui tiennent à la République et qui respectent ses valeurs à déclarer leur manifestation. Nous réagirons si nécessaire, par des verbalisations, des interpellations ou des interdictions de manifester autour de certains sites. »
En parallèle, les couvre-feux se multiplient en France avec des mesures reconduites au jour le jour à Paris et à Lyon. A Bordeaux, Nice ou encore à Toulouse, certaines restrictions resteront en vigueur jusqu’à la fin du week-end.
« Pour ce qui est des prochains jours, et en particulier de samedi, la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation. Les gens qui veulent continuer à manifester, quand ce sont des organisations syndicales, les préfets proposeront des tracés alternatifs. Quand ce ne sont pas des organisations syndicales, partout où on le peut, on interdira », a affirmé le chef de l’État à l’issue d’une réunion avec les services de renseignement, qui ont été accusés d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre.