Après deux ans de manifestations contre le nationaliste Aleksandar Vucic, le Mouvement étudiant a remporté les élections législatives serbes ce week-end du 25 au 26 octobre. Un scénario inédit dans un pays en passe de connaître des mutations profondes.
L’ambiance était à la fête dimanche soir à l’issue du scrutin. A en croire l’ONG Cesid, la liste étudiante aurait remporté 52,9 % des voix, contre 38,8 % pour le parti Parti progressiste serbe (SNS) sortant (source AFP). Ce qui représente une majorité de 140 sièges sur les 250 que compte le Parlement serbe, dont 103 pour la formation d’Aleksandr Vucic. Contre toute attente, ce dernier a reconnu sa défaite moins de deux heures après la fermeture des bureaux de vote.
« C’est difficile d’expliquer à quelqu’un qui n’a jamais vécu ici ce que l’on ressent après des années d’oppression » a affirmé un retraité à l’AFP, ajoutant se sentir comme « sur un petit nuage » .
Actuellement en proie à un soulèvement de sa jeunesse, autant dire que l’Europe a suivi ces élections législatives anticipées de très près. Celles-ci auraient enregistré une participation finale de l‘ordre de 69,3% selon les chiffres. La situation n’en reste pas moins spécifique au territoire serbe et difficilement transposable d’un pays à l’autre à l’échelle du continent.
Si cet élan démocratique est bien réel, encore faut-il qu’il tienne sur le long terme pour ne pas finir comme un voeu pieux. Rappelons que le mouvement étudiant avait présenté une liste unique sans aucune tête d’affiche, avec une sélection de candidats issus de la société civile dont le seul but commun consistait à battre le SNS. Ce qui, en soi, est loin d’être suffisant pour gouverner. Radomir Saicic, un représentant des étudiants, assure ainsi vouloir commencer « un travail sérieux, responsable et acharné pour construire une Serbie où la loi s’applique de la même façon à chacun ».