Si les élections municipales se sont achevées dès le premier tour dans près de 96% des communes françaises le 15 mars dernier, parmi les 1500 restantes certaines ont fait l’objet d’une attention toute particulière lors du second tour. Compte-rendu des résultats de ces territoires à fort enjeu électoral.
Un ancrage local qui se confirme…
Que ce soit en raison d’un risque de basculement ou d’une personnalité politique d’envergure en lice, le suspense aura duré jusqu’au bout dans certaines grandes villes. A commencer par Lyon, où il a fallu attendre minuit pour avoir les résultats définitifs qui n’ont eu de cesse de se resserrer tout au long de la soirée. La victoire revient de justesse à l’écologiste Grégory Doucet, qui l’emporte avec seulement 50,7% (à 3000 voix d’écart) contre Jean-Michel Aulas. Ce dernier a d’ailleurs annoncé vouloir déposer un recours en raison d’ « irrégularités ».
Après une lutte acharnée à Paris, le candidat socialiste Emmanuel Grégoire emporte la victoire à hauteur de 50,5% des voix contre Rachida Dati, qui avait fusionné sa liste avec celle d’Yves Bournazel (Horizons – Renaissance). La capitale reste donc fortement ancrée à gauche. En rejoignant l’Hôtel de Ville à Vélib’, le futur maire a voulu rendre « hommage à cette révolution des mobilités qui apporte beaucoup». « Ça a été une campagne éreintante mais très sérieuse. Évidemment, c’est un immense bonheur. »
Du côté de la cité phocéenne, le scrutin s’annonçait très serré. Au final, le maire sortant Benoît Payan se voit réélu avec plus de 54 % des voix. Il craignait en effet que Marseille ne bascule du côté du Rassemblement national, qui a finalement réuni seulement 40,1% des suffrages. Sans surprise, au Havre c’est à Edouard Philippe (Horizons) que revient à nouveau la mairie avec 47,7% des voix devant le communiste Jean-Lecoq (41,2 %) et le candidat UDR-RN Franck Keller (11,1 %). L’ancien Premier ministre avait d’ailleurs fait de sa réélection une condition pour sa candidature à la présidentielle.
… avec quelques rebondissements !
Il en va de même à Toulouse, où Jean-Luc Moudenc (LR) conserve sa position dans la ville rose contrairement à Nice et Pau, où les scénarios ont été bien différents. La perle de la Côte d’Azur a largement voté en faveur d’Eric Ciotti, soutenu par le RN, contre le maire sortant, Christian Estrosi (LR). Ce dernier a d’ailleurs annoncé vouloir se retirer de la vie politique suite à l’annonce de sa défaite. François Bayrou, maire de Pau depuis 2014, essuie lui aussi une défaite face au candidat Jérôme Marbot, soutenu par le PS, Place publique, le PCF et les Ecologistes.
Brest et Clermont-Ferrand basculent à droite, Nîmes à gauche (PCF), tandis que Carcassonne revient au Rassemblement national, qui espérait bien en faire un symbole fort de ce scrutin, notamment à travers la célèbre citadelle classée à l’Unesco. Pour La France Insoumise, c’est à Roubaix que se trouvait un enjeu électoral majeur. Le voici concrétisé par la victoire de David Guiraud qui s’y est imposé sans difficultés. A noter également en région lyonnaise, Vénissieux, qui bascule du PCF à LFI à … 25 voix seulement.
Quid de ces élections ?
De part et d’autre, Les Républicains semblent s’imposer par leur ancrage local sans parvenir toutefois à exercer de vraie force de frappe nationale. En revanche, les écologistes reculent, à l’exception de Grégory Doucet à Lyon – lui-même élu de justesse – en raison notamment de certaines décisions politiques jugées n’avoir aucun lien avec l’écologie. Un bilan qui vient confirmer l’attachement des Français à leurs élus de proximité, surtout lorsque ceux-ci s’avèrent de bons gestionnaires.