Lundi 16 février, les députés ont adopté la proposition de loi visant à autoriser les supermarchés de s’équiper de caméras dotées d’intelligence artificielle pour lutter contre les vols. Un texte dénoncé comme « une dérive extrêmement préoccupante » par la gauche.
Par 60 voix contre 13, c’est dans une assemblée très peu peuplée que le texte porté par le député Paul Midy (Renaissance) a été adopté. Soutenu par Les Républicains, Le Rassemblement national et Horizons, celui-ci devra encore trouver un écho favorable au Sénat pour entrer en vigueur.
Le dispositif prévoit notamment, et ce « à titre expérimental », l’analyse des images de vidéosurveillance par un algorithme au sein des commerces de détail, supermarchés et autres centres commerciaux. Comment fonctionne-t-il ? En analysant tout simplement certains comportements jugés suspects (comme une main glissée dans un sac) qui déclenchent une alerte. Selon Paul Midy, ce genre d’outil serait d’ores et déjà utilisé au sein de « 2000 à 3000 commerces » pour prévenir les vols, bien que non autorisé encore par la législation en vigueur.
Même en l’absence de reconnaissance faciale, la gauche y voit surtout une entrave aux libertés fondamentales, comme en témoigne l’intervention du député LFI Jean-François Coulomme : « On a compris que vous voulez filmer tout, partout, tout le temps. C’est le monde idéal dont vous rêvez. Nous c’est notre cauchemar ». La phase d’expérimentation est prévue jusqu’en 2027.

