Suite au recours déposé par la liste d’union de la gauche au tribunal administratif d’Orléans, le rapporteur public a préconisé l’annulation du scrutin des élections municipales de Montargis ce jeudi 17 septembre, en raison d’irrégularités.
Une ville de plus se voit contester le résultat des dernières élections municipales, après Vaulx-en-Velin (69), Saint-Pol sur Mer (59) et Blain (44) où des demandes similaires ont déjà été déposées. Une annulation a même été prononcée à Harfleur (76), Angerville (14) avec, inversement, une autre rejetée à Cholet (49).
A Montargis, le candidat du Rassemblement national, Côme Dunis, était sorti vainqueur en remportant 34,64 % des suffrages au second tour, en tête devant le communiste Bruno Nottin (33,10 %) et le maire sortant, Benoit Digeon (divers droite) qui en a rassemblé 32,26 %. L’abstention avait alors atteint près de 47 % dans cette ville de 15 000 habitants, dirigée par la droite depuis 2001.
La raison du recours ? Entre autres, la diffusion de vidéos qualifiées de « diffamatoires » par les deux requérants, Bruno Nottin (PCF) et Dalip Vehapi (Parti socialiste), membres de la liste d’union à gauche. « On m’a accusé de faire des faux en écriture publique », a dénoncé l’ex-candidat communiste, qui est employé comme greffier au tribunal de Montargis.
Le rapporteur public a décrit dans ses conclusions « une mise en cause personnelle qui n’a rien à voir avec la campagne électorale ». De plus, il a jugé qu’il n’était pas exclu que « la diffusion de telles informations ait pu détourner de leur vote un nombre suffisant d’électeurs » pour faire pencher la balance, compte tenu du faible écart de voix. Thomas Laval, l’avocat du RN, estime pour sa part qu’il est impossible « de mesurer avec précision l’influence réelle » de ces éléments sur le corps électoral et qu’une annulation du scrutin « créerait un dangereux précédent ». Le rendu du tribunal administratif est attendu d’ici quelques jours.