Les élus de la Chambre haute ont adopté ce jeudi à l’unanimité (342 voix pour) la proposition de loi relative à l’amélioration de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Polynésie. Le texte sera néanmoins réexaminé à l’Assemblée nationale suite à des modifications en commission.
C’est un « moment historique » pour la députée polynésienne Mereana Reid Arbelot, qui a travaillé pendant six mois en commission puis porté une proposition de loi visant une meilleure reconnaissance et indemnisation des victimes de ces essais. Adopté à l’Assemblée nationale le 26 janvier dernier, son texte remporte aussi l’aval du Sénat ce 28 mai 2026.
Le fruit d’un travail de longue haleine, somme toute, pour lequel au départ l’unanimité était loin d’être acquise d’après le sénateur Teva Rohfritsch (groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants). « C’est un travail qui a été fait avec les groupes du Sénat, un travail d’information, de discussion, des débats. »
Pour mémo, la France avait organisé 193 essais nucléaires dans l’archipel (46 atmosphériques puis 147 souterrains) entre 1966 et 1998. Les victimes de ces expérimentations qui développaient jusqu’à présent une pathologie radio-induite devaient prouver que leur maladie était bien causée par l’exposition au nucléaire, ou alors à une dose de rayonnement égale ou supérieure à un millisievert. Ce seuil est aujourd’hui contesté par les scientifiques et a été supprimé dans le texte, qui reconnaît également les victimes dites par ricochet, soit les enfants et les conjoints.
François-Noël Buffet, rapporteur de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, estime à 350 millions d’euros le total des indemnisations des dossiers rejetés qui pourraient désormais être acceptés.