L’ancien Premier ministre est décédé ce lundi à Paris. Il restera dans les mémoires comme «l’ami de trente ans» de Jacques Chirac, dont il était devenu le rival dans le cadre de la campagne présidentielle de 1995, qui lui laissera un goût amer.
En retrait de la vie politique depuis 2007, Edouard Balladur a été le Premier ministre de François Mitterrand lors de la seconde période de cohabitation, du 29 mars 1993 au 17 mai 1995. Suite à son décès, il laisse derrière lui une famille de quatre fils, six petits-enfants et trois arrière-petits. Ses proches ont d’ores et déjà annoncé qu’«une messe sera donnée dans la stricte intimité familiale».
Du côté politique, les hommages affluent pour saluer ce personnage central de la droite et de la Vème République. Emmanuel Macron décrit un « serviteur exigeant, mesuré, dévoué » de la République qui « avait la France au cœur ». Le Premier ministre Sébastien Lecornu évoque également une figure « majeure » de la vie publique française, associée selon lui à « cinquante années de l’histoire de la Ve République ». A droite, les réactions sont nombreuses, y compris au Rassemblement National qui salue son « respect du débat démocratique » malgré les « désaccords politiques » qui les opposent. Eric Ciotti estime quant à lui qu’une victoire de Balladur à la présidence de 1995 « aurait changé le destin de la France ». L’ancien président Nicolas Sarkozy s’est quant à lui distingué par un hommage plus personnel, le décrivant comme « un exemple, un mentor et un ami ».
Pour le Parti socialiste, « Édouard Balladur porta une conception libérale de l‘économie et conduisit des réformes que la gauche combattit avec détermination », mais ces désaccords « n’empêchent pas de reconnaître le serviteur de l‘État, l’homme de convictions et le républicain qu’il fut ». Conseiller de Pompidou, ministre des Finances ou encore député de Paris : autant de mandats qui viennent illustrer son profond intérêt pour « le fait politique » ainsi que son engagement.